Entretiens

Sophie Berque, RTBF Webcréation

Comment se passe le développement d’une production de websérie ? Quelles sont les différences avec la production d’une série en TV ?

Nous nous sommes fixés un modèle à suivre en créant l’appel à projets webséries en 2014, dont nous venons de lancer la troisième édition. Il fonctionne très bien et nous a permis de révéler de vrais talents. Dans ce cadre-là, nous avons établi un cahier de charges  bien précis. Toute une série d’éléments sont communs à la production en général. Pour la websérie, il est toutefois demandé de rester dans un budget fixe (une enveloppe de 100.000 euros pour une saison complète). Nous essayons donc de créer un nouveau modèle économique, moindre que la série tv, ce qui veut aussi dire produire différemment. Non une qualité moindre, mais plus vite, dans un format différent et avec une autre écriture.

Quel est le processus collaboratif ?

Nous travaillons avec des jeunes créateurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui ont une originalité dans leur écriture, une dimension décomplexée et audacieuse. L’objectif est d’être un tremplin pour ces talents, de créer un nouveau vivier et de la valeur ajoutée.

La création est plus courte, ce qui veut dire qu’il faut asseoir ses personnages rapidement, être percutant. Les premières secondes doivent directement donner l’envie d’aller plus loin. Il y a beaucoup moins de temps pour installer l’histoire. Beaucoup de nos créations ont été humoristiques, mais notre nouvelle websérie, « Burkland », est un thriller. La websérie ne se limitera pas aux épisodes de base car nous avons pensé à une écriture globale et avons vraiment cherché à créer un univers enrichi autour de l’histoire.

Et en termes de droits ?

Dans le cadre de nos appels à projets, les créations sont financées à 100% par la RTBF et donc les droits appartiennent à la RTBF. La production exécutive des projets rémunère bien évidemment les auteurs de leurs droits. Sinon, ce sont le plus souvent des productions majoritaires de la RTBF en collaboration avec d’autres coproducteurs belges ou dans une moindre mesure étrangers.

Quel est le parcours international de ces formats ?

Nous restons encore assez novices dans le secteur de la distribution. Toutefois, nous commençons à sentir l’impact des festivals internationaux et à constater que nous sommes de plus en plus sollicités spontanément par d’autres acteurs du marché ou d’autres partenaires potentiels en tant que service public belge investi dans le secteur de la Webcréation. Nous avons par exemple été contactés par CanalPlay pour collaborer sur notre websérie « Euh », et nous sommes très fières de coproduire la saison deux ensemble. C’est formidable pour nos jeunes talents d’avoir la possibilité de produire une saison 2 avec la RTBF et CanalPlay !