Entretiens

Would You React, la chaine YouTube de la solidarité

Tout ça doit représenter beaucoup d’investissement…
A titre personnel, au minimum 3 heures de travail par jour. Souvent plus. Heureusement, je travaille en équipe : avec mon bras droit, Yves Pascal, qui gère notamment tous les aspects plus administratifs. Avec cinq caméramans de talent aussi, avec lesquels les chose roulent super bien. Et nous avons un poll de traducteurs, ce qui nous permet de sous-titrer les vidéos en anglais, néerlandais, allemand, italien…et parfois arabe et russe ! Toutes ces personnes sont bénévoles.

Et d’un point de vue financier ?
J’ai également investi mes propres moyens, que j’ai partiellement récupérés via la publicité sur YouTube. Le sens du projet n’a jamais été la commercialisation des contenus, ou de tirer des bénéfices de la chaîne. On m’a déjà proposé de faire du placement de produit, mais je n’étais pas très partant : j’ai peur que mon public le prenne mal, ou de mixer la commercialisation avec le message et les valeurs de la chaîne. J’ai pourtant besoin de rentrer dans mes frais et je dois trouver des solutions pour financer le projet sur le long terme. Et pour ça, nous manquons clairement d’interlocuteurs.

Les Youtubeurs auraient besoin d’être accompagnés ?
Nous travaillons souvent seuls, par rapport aux circonstances, en suivant notre intuition. Les Youtubeurs, moi compris, avancent sur des voies qui n’ont encore jamais été empruntées. Un accompagnement serait nécessaire, une forme d’encadrement aussi. Les Youtubeurs qui sont plus dans le côté commercial arrivent peut-être plus à s’entourer d’une belle équipe, qui les aide à développer les aspects financiers. Je vois beaucoup d’évènements en France, où les youtubeurs se rencontrent, sont mis en réseau. Je n’ai pas l’impression que ce genre d’initiative soit mis en place – ou en tout cas suffisamment – en Belgique.

Une de tes vidéos phares, dont tu es particulièrement fier ?
Nous voulions créer un projet de soutien aux SDF, en passant par YouTube. Nous avons d’abord fait appel aux abonnés pour un crowfunding et récolté 1500 euros que nous avons distribués dans la rue, à 30 personnes. Avec les mots, ça ne passe pas, mais je savais exactement ce que je voulais produire comme vidéo et que cela fonctionnerait. Je connais l’importance des images pour donner l’envie de se mobiliser. Après la diffusion de la première vidéo, nous avons pu récolter 12.000 EUR auprès des internautes et nous allons travailler avec l’association Infirmiers de rue. 50 EUR, c’est une bouffée d’oxygène, mais maintenant, on va pouvoir travailler à essayer de sortir durablement des personnes de la rue.

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