Entretiens

Réseaux sociaux : nouveau labo créatif

DimSumEntertainment_Logo_FdBlanc_HDBeaucoup de créateurs sont persuadés que la TV de demain se construit sur Facebook et Snapchat. Parmi eux, Thomas Plessis, « Dim Sum Entertainment », produit des formats profilés pour les réseaux sociaux.

tplessis@dimsumacademy.com

 

Aujourd’hui, l’interaction entre les réseaux sociaux et l’audiovisuel dépasse largement le cadre de la « social TV » telle qu’on la concevait encore il y a un an ou deux…

En effet. Facebook, par exemple, n’est plus uniquement un outil de rabattage ou d’engagement des audiences, Facebook « fait » de l’audience… En tant que société de production, nous devons donc développer une vision 360° du métier : télévision « classique », Snapchat, consommation mobile… Chaque canal a ses codes et nous devons tenter de les apprivoiser.

Les audiences suivent-elles ?

Nos diffusions sur Facebook touchent en moyenne 200.000 téléspectateurs, c’est autant qu’un prime time sur la TNT française… Ça nous rend crédibles. De plus, le marché de l’audiovisuel connecté reste imprévisible : un très gros succès peut arriver du jour au lendemain. Dès lors, les médias traditionnels nous regardent autrement : attentifs à la webcréation, ils commandent de plus en plus de formats innovants.

C’est quoi produire spécifiquement pour les réseaux sociaux ?

C’est avant tout faire court ! En séries, le format qui cadre le mieux avec les usages actuels et une diffusion mobile, c’est 10 minutes par épisode. Le premier challenge est d’intégrer ce nouveau séquençage, de raconter des histoires plus « immédiates ». Il faut ensuite bien cerner les contraintes et fonctionnalités de chaque plateforme. Par exemple, sur Facebook, le fait que la vidéo puisse être visionnée sur support mobile, en tout petit, sans le son, crée déjà des tendances de production, comme l’apparition systématique de texte en surimpression de l’image, ou le resserrement des cadrages pour éviter de diluer le regard de l’internaute… Ça n’a l’air de rien comme ça mais c’est essentiel pour capter l’attention. En 2017, le producteur audiovisuel doit être un boulimique de réseaux sociaux, d’applications et de consommation web au sens large.