Entretiens

Sans nous, il reste quoi comme média belgo-africain ?

Kodjo Degbey gère la plateforme « Bel’Afrika Media» depuis près de 10 ans. En Belgique francophone, il s’est lancé dans la TV sur le Web parmi les premiers. Son bilan est mitigé : l’audience suit mais elle est difficile à monétiser.Et le subventionnement public parait hors d’atteinte.

direction@belafrika.be

 

 

Quelques mots sur la genèse de « Bel’afrika Media » ?

J’ai appris les métiers de l’audiovisuel en Flandre, via plusieurs formations qui ont fait de moi un vidéaste autonome de la captation à la diffusion. Tout juste diplômé, j’ai eu l’opportunité de produire pour « TV Brussel » des capsules consacrées à la diaspora africaine. C’était les débuts de « Bel’Afrika » ! Les retours du public étaient excellents mais le projet n’a pas tenu faute de subsides. Moi, je voulais continuer… L’idée de lancer une WebTV paraissait un peu folle en 2009 mais c’était la meilleure manière de garantir une indépendance totale et de contourner les réticences des chaînes traditionnelles à collaborer avec un projet comme le nôtre. Tout est parti de là. Et le nom est resté comme une évidence.

 

Votre programmation est toujours conforme à l’ADN de service public des débuts ?

« Bel’Afrika Media » reste entièrement tourné vers la promotion de la culture et des initiatives citoyennes. Nous sommes un écho audiovisuel à la diaspora africaine dans sa diversité : agendas culturels, débats sur le vivre ensemble, présentation de projets positifs… Nous collaborons avec tout le monde. Notre WebTV se veut un trait d’union pour la communauté afro-européenne, entre valorisation des origines et opportunités offertes par le pays d’accueil. Nous recherchons en permanence ce que les composantes de la société belge peuvent s’apporter réciproquement.

 

Produisez-vous des programmes d’information ?

C’est une ambition car cela répond à un besoin réel de la diaspora. La couverture des élections communales de 2018 serait un beau défi. Mais tout est une question de moyens. Et nous en manquons cruellement…